Je vous avais déjà parlé du marketing de permission dans un dernier billet en vous mentionnant que le marketing de permission est le privilège qu’une entreprise possède afin de livrer des messages aux consommateurs qui DÉSIRENT les recevoir. Le DÉSIR est un terme important ici qui fait toute la différence entre ce qui est une activité de marketing de permission ou pas. Les entreprises auraient avantage à considérer le marketing de permission lorsqu’elles désirent se créer une base de données, mais malheureusement encore trop d’entreprises n’accordent pas assez d’importance à cette tâche et décident d’utiliser les méthodes faciles croyant que c’est beaucoup plus efficace. « Pourquoi se mener et dépenser de l’énergie inutile lorsqu’on peut se procurer des bases de données de clients pas trop dispendieuses? » Pourtant, ils ont tout faux. 100 personnes qui reçoivent un message qu’ils s’attendent à recevoir ont beaucoup plus de chance d’ouvrir le courriel que 1000 personnes qui n’ont jamais pris conscience de l’existence de la compagnie.
Dans un récent billet, où j’abordais l’importance du bouche-à-oreille, je vous ai mentionné à quel point il était important de considérer les discussions des consommateurs dans les stratégies marketing et l’intérêt de ces conversations afin de générer un capital conversationnel favorable pour l’entreprise. Alors, quoi penser des entreprises qui épient les conversations se déroulant sur internet au cours de leur « veille conversationnelle »? Oui, oui, qui vous épient vous, chers blogueurs, ou vous qui discutez à propos d’une entreprise ou d’un produit sur un forum de discussion. Ces conversations sont riches en informations puisqu’elles se déroulent dans de circonstances véritables, où les consommateurs sont libres de leurs propres opinions. Dans de telles conditions, leurs échangent sont intègres. Les individus qui prennent part à ce type de conversation désirent souvent faire part de leur mécontentement et de leur questionnement, s’adresser à des passionnés du domaine qui pourront les aider dans leur processus décisionnel d’achat.
La netnographie est une étude qualitative des phénomènes sociologiques dans les discussions en ligne. Bien que cette expérimentation semble être une méthode efficace pour recueillir une multitude de données pertinentes, l’étude efficiente de ces données reste tout de même une tâche ardue. En effet, même si ces données sont accessibles facilement via internet, l’analyse doit s’échelonner sur une longue période de temps afin d’être pertinente. Ainsi, ne se lance pas dans une netnographie qui veut. Il faut tout d’abord une bonne connaissance des mécanismes de diffusions des conversations. De plus, comme le mentionne une étude réalisée par Renaud Garcia-Bardidia de l’université de Paris:
« Ce phénomène reste sous-étudié en comportement du consommateur et le peu d’études qui y sont consacrées se centre sur l’influence informationnelle. »
Reste néanmoins qu’on peut se questionner sur l’aspect moral de la netnographie. En effet, si l’entreprise fait part de son projet d’étude à la communauté, il y aura une perte de spontanéité dans les propos des internautes. À l’inverse, certains clament haut et fort qu’épier les conversations des consommateurs à propos de l’entreprise pour en retirer des données peut sembler un geste non éthique. Pour ma part, je suis plutôt d’avis que, si j’ai décidé d’écrire mes impressions et opinions sur le web, c’est que j’acceptais de les répandre à tous et je serais bien heureuse de savoir que mes commentaires sont pris en considération par les entreprises. Cependant, j’avoue avoir une vision très mercantile de la chose. Chers amis blogueurs, quelle est votre opinion sur la pertinence de la netnographie?
Marie
Source : Discours sur la consommation, construction du statut et influence sociale dans le contexte des groupes de discussion sur Internet, Étude réalisée par Renaud Garcia-Bardidia de l’université de Paris.
Il y a une multitude de blogues ou de sites internet au sujet du marketing relationnel glorifiant les mérites du marketing par courriels. L’envoi de courriel est probablement la première tactique qui vient à l’esprit de chaque stratège lorsqu’ils désirent élaborer une stratégie de marketing relationnel. On retrouve tellement de statistiques bidon vantant le faible coût de l’envoi de courriels par rapport aux autres types de communication et son ô combien grande efficacité. Voyez tout le sarcasme ici. Pas que je sois totalement contre l’emailing, mais je considère que cette tactique est surexploitée et mal utilisée par les entreprises.
Certaines entreprises sur internet se vantent qu’elles détiennent des plateformes antipourriel, assurant que le courriel s’achemine à destination. D’autres ont des bases de données qui contiennent des adresses valides dans plus de 99 % des cas. Et après? On fait quoi avec tout ça? Rien ne nous assure que le consommateur ouvrira le courriel en question. Et si ce dernier décide de glisser le courriel dans sa boîte de pourriels, à quoi serviront les nombreux envois qui suivront?
Les entreprises qui ont beaucoup de notoriété ne font pas exception. Même si elles sont connues des consommateurs et qu’elles croient pertinemment que leur message est intéressant, leur courriel est tout de même un pourriel. En fait, tout courriel non-sollicité est un pourriel. Pour ne pas perdre de crédibilité auprès des consommateurs, il devient impératif de pratiquer un marketing de permission, qui se définit comme:
The privilege (not the right) of delivering anticipated, personal and relevant messages to people who actually want to get them.
Pour reprendre les propos de Seth Godin, que l’on peut nommer comme le père du marketing de permission, lorsqu’un consommateur décide de porter attention à une entreprise, il décide de lui donner quelque chose de très précieux. Si l’entreprise perd ce privilège, elle n’aura pas de seconde chance.
Permission is like dating. You don’t start by asking for the sale at first impression. You earn the right, over time, bit by bit. [...] In order to get permission, you make a promise. You say, “I will do x, y and z, I hope you will give me permission by listening.” And then, this is the hard part, that’s all you do. You don’t assume you can do more. You don’t sell the list or rent the list or demand more attention.
Je serais curieuse de savoir à quel point le marketing de permission est connu en France puisqu’il paraîtrait que ce concept est davantage connu dans les pays anglo-saxons. Alors, quel est votre avis de l’autre coté de l’atlantique?
Marie





